Tarak Mekki : La Libye est en train de se bourguibiser, la Tunisie est en train de se kadhafiser

Dans une vidéo enregistrée dans la soirée du 8 août, l’homme politique tunisien vivant au Canada, Tarak Mekki a dressé un constat sévère de l’actualité politique tunisienne indiquant que l’on va vers un effritement de l’Etat.

Il relève de petits détails, comme ces pick-up transportant les forces de l’ordre dans leur benne arrière, à l’instar de pays sous-développés, les coupures d’eau, les déchets…

Il a ironisé sur le chef du gouvernement (qui cherche son propre gouvernement) et son dernier discours télévisé qui lui rappelle Ben Ali avec ses propos rassurants présentant une Tunisie comparable à la Suisse.

La cause du problème actuel ? Selon Tarak Mekki, c’est le choix d’opter pour la Constituante. Le pire, relève-t-il, est qu’on est en train de préparer l’opinion publique vers un autre choix, aussi erroné, qu’est celui du régime mixte. La solution est dans la Constitution de 1959, indique M. Mekki qui relève que la Libye s’apprête à l’adopter.


« La Libye est en train de se bourguibiser, la Tunisie est en train de se kadhafiser », prévient le politique dans son analyse et alerte sur les dangers de ce régime mixte qui n’existe nulle part au monde, selon lui.

« Les hommes politiques actuellement au pouvoir et l’opposition sont tous responsables de la voie actuelle et ne vont pas nous donner un remède, mais une maladie. Hier, tout le monde disait RCD dégage. Aujourd’hui tout le monde dit RCD reviens. »

S’en prenant à Béji Caïd Essebsi, il le critique de prédire qu’une deuxième révolution se prépare alors qu’il figure parmi ceux qui ont volé la première révolution. Même salve pour Rached Ghannouchi. « Je refuse de choisir entre Rached Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi, ces gens vont jouer avec les Tunisiens et vont traiter ce peuple comme des vautours sur un cadavre. »

« Certains croient qu’Ennahdha sera éjectée après les prochaines élections et je les plains. Ennahdha est venu par les urnes, mais ne sortira pas par les urnes », prédit Tarak Mekki.

S’adressant aux Tunisiennes, il les prévient sur leurs droits qui sont en train de se faire voler et les invite à aller au combat : «Tunisiennes, vous êtes les hommes de la Tunisie, et s’il y a des hommes dans ce pays, c’est à vous de les ramener », dit-il.

« Le danger guette toute la Tunisie, des démagogues sont au pouvoir, de faux opposants sont en train de parler au nom du peuple, mais leur vérité est proche d’Ennahdha : « le pouvoir et ce que je vais offrir aux miens » ».

S’interrogeant pourquoi ne rentre-t-il pas en Tunisie, Tarak Mekki répond qu’il ne peut pas rentrer parce qu’on a décidé de faire de la Tunisie une République bananière et cela lui déplait fortement. « Une République bananière cela veut dire qu’un Etat comme le Qatar vous envoie un parti au pouvoir et des dirigeants puis vous désigne une opposition. Elle envoie un avion et reçoit Si El Béji. Tout est dirigé de l’extérieur. »
Source : http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?a=32768&t=520&lang=fr&temp=3


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